Plan climat — la transition écologique se construira avec les citoyens
Au Village des assos de Strasbourg, les échanges avec de nombreux acteurs associatifs ont confirmé une conviction forte de CAP21 — nous ne réussirons pas la transition écologique sans celles et ceux qui font vivre quotidiennement notre territoire. La révision du Plan climat de l'Eurométropole doit leur donner toute leur place.

Au Village des assos de Strasbourg, à la rencontre de celles et ceux qui font vivre notre territoire.
Les 12 et 13 septembre, le Village des assos a rassemblé à Strasbourg des centaines d'associations. Il donne à voir la formidable diversité des engagements qui font vivre notre territoire.
Solidarité, jeunesse, environnement, alimentation, santé, droits humains, éducation, culture… Derrière cette diversité, une réalité commune apparaît. Les associations connaissent notre territoire au plus près de celles et ceux qui y vivent.
Au fil de mes rencontres, j'ai souhaité échanger avec plusieurs d'entre elles sur la révision actuellement engagée du Plan climat de l'Eurométropole de Strasbourg. Je leur ai proposé de participer aux échanges qui seront organisés dans les prochains mois.
L'accueil a été particulièrement favorable. Beaucoup ont manifesté leur intérêt et leur volonté de contribuer.
Ce n'est pas anecdotique. Car derrière la question climatique se pose aussi une question démocratique — comment voulons-nous décider des transformations profondes que nos territoires vont devoir accomplir ?

Échanger, écouter, associer les acteurs du terrain à la construction du prochain Plan climat.
Le climat n'est pas seulement une affaire d'experts
Le changement climatique n'est plus une menace abstraite ou lointaine. Ses conséquences affectent déjà notre vie quotidienne.
Chaleur dans les logements et les écoles, conséquences sanitaires des canicules, ressource en eau, alimentation, mobilités, biodiversité, vulnérabilité des personnes les plus fragiles… L'adaptation de notre territoire est devenue une nécessité.
Dans le même temps, nous devons poursuivre et accélérer la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Adapter et décarboner doivent avancer ensemble.
Nous avons évidemment besoin de scientifiques, d'experts, de services publics et d'investissements. Mais la transition écologique ne peut pas être conçue uniquement dans des bureaux puis présentée aux habitants une fois les choix effectués.
Elle doit aussi se construire à partir de l'expérience de celles et ceux qui vivent le territoire.
Reconnaître l'expertise du terrain
Une association qui accompagne des personnes âgées pendant une canicule sait ce que signifie concrètement la vulnérabilité à la chaleur.
Une association qui agit contre la précarité connaît les arbitrages auxquels sont confrontés les ménages.
Celles qui travaillent sur l'alimentation, la jeunesse, la santé, les mobilités ou l'environnement voient apparaître des difficultés et des besoins que les indicateurs ne suffisent pas toujours à révéler.
Cette expertise du quotidien est une richesse.

Échange avec les Amis de la Confédération paysanne. Agriculture, alimentation et adaptation au changement climatique font pleinement partie des enjeux du futur Plan climat.
Elle ne remplace ni la connaissance scientifique ni l'expertise technique. Elle les complète et permet surtout de confronter les politiques publiques à la réalité de celles et ceux auxquels elles s'adressent.
C'est pourquoi les associations ne doivent pas seulement être consultées. Elles doivent pouvoir contribuer à identifier les problèmes, imaginer les solutions et participer à leur mise en œuvre.
Faire du Plan climat un projet de territoire
C'est la conception que nous défendons à CAP21.
La transition écologique sera d'autant plus forte qu'elle sera démocratique. Et elle sera d'autant mieux acceptée qu'elle permettra à chacun de comprendre les choix à accomplir, d'en débattre et de participer aux solutions.
Cela suppose de créer de véritables espaces de dialogue avec les associations, mais aussi avec les habitants, les acteurs économiques, les communes et toutes les forces vives de l'Eurométropole.
Les échanges engagés au Village des assos sont encourageants. Ils montrent qu'une volonté de participer existe.
À nous maintenant de lui donner les moyens de s'exprimer.
Car le prochain Plan climat ne doit pas être seulement un document réglementaire ou le plan d'une institution.
Il doit devenir notre projet commun pour protéger notre santé et notre qualité de vie, adapter notre territoire et accélérer sa décarbonation.
C'est à cette condition que nous pourrons transformer l'urgence climatique en capacité collective d'agir.

La transition écologique sera collective ou elle ne réussira pas.
Chantal Cutajar
Présidente de CAP21 – Le Rassemblement Citoyen



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