Finances de Strasbourg — redresser pour continuer à agir
L’audit financier de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg constitue un moment de vérité.
Les chiffres présentés sont graves. En six ans, la dette de la Ville a plus que doublé. Son épargne nette est devenue négative et sa capacité de désendettement dépasse désormais les seuils d’alerte. À l’Eurométropole, la situation n’est pas identique, mais la progression de la dette et la dégradation annoncée de l’épargne imposent également de réagir.
Ces constats ne peuvent être ni minimisés ni réduits à une controverse politique. Une collectivité qui ne dégage plus suffisamment d’épargne perd progressivement sa liberté de choisir, sa capacité d’investir et les moyens de répondre aux besoins futurs de ses habitants.
CAP21 soutient pleinement la démarche engagée par Catherine Trautmann, Maire de Strasbourg et Présidente de l’Eurométropole, afin d’établir la vérité des comptes et de la porter à la connaissance des habitants.
Les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois ont le droit de connaître la situation exacte de leurs collectivités, les engagements déjà pris et les moyens réellement disponibles pour les financer. La publication annoncée de l’audit complet permettra à chacun d’accéder aux données, à la méthode et aux hypothèses sur lesquelles reposent ses conclusions.
La transparence doit maintenant guider les décisions qui seront prises et l’explication qui en sera donnée aux habitants.
Le sérieux budgétaire est la condition de l’action
L’audit met en évidence un écart considérable entre les investissements programmés et les capacités réelles de financement de la Ville et de l’Eurométropole.
Inscrire un projet dans un plan pluriannuel d’investissement ne suffit pas à garantir sa réalisation. La responsabilité publique impose de dire ce qui peut effectivement être réalisé, dans quel délai et avec quels moyens.
La nouvelle majorité a choisi de rompre avec une méthode qui consistait à accumuler des projets sans toujours établir une trajectoire crédible pour les financer. Notre responsabilité collective est désormais de mettre en cohérence nos ambitions, nos engagements et nos ressources.
Cette exigence ne procède pas d’une conception purement comptable de l’action publique. Des finances solides sont la condition de notre liberté d’action. Elles nous permettent de maintenir les services publics, de soutenir les solidarités, d’entretenir notre patrimoine et de préparer notre territoire aux transformations qui l’attendent.
Le redressement financier n’est donc pas notre projet politique. Il est la condition de sa réalisation.
Ne pas opposer redressement et transition écologique
Rétablir une trajectoire financière soutenable ne signifie pas renoncer à préparer l’avenir.
L’audit nous oblige à mieux programmer, à mieux évaluer et à mieux hiérarchiser les investissements. Il ne remet pas en cause la nécessité de répondre aux transformations climatiques, sociales et économiques déjà à l’œuvre.
Ne pas adapter nos écoles, nos logements, nos quartiers et nos infrastructures aux canicules aura demain un coût humain et financier considérable. Retarder la rénovation énergétique augmentera les dépenses futures. Renoncer à réduire la pollution de l’air continuera de peser sur la santé. Négliger l’eau, les mobilités
décarbonées, la végétalisation ou la prévention des risques aggravera les vulnérabilités de notre territoire.
Le coût de l’inaction climatique constitue lui aussi une dette. Elle est moins immédiatement visible dans les comptes, mais elle sera supportée par les habitants et par les générations futures.
Notre responsabilité consiste donc à financer réellement les politiques écologiques que nous décidons, à les hiérarchiser selon leur efficacité et à garantir leur inscription dans une trajectoire soutenable.
C’est l’écologie que porte CAP21 — une écologie de responsabilité, de résultats et de protection.
Protéger l’essentiel et évaluer l’utilité de chaque dépense
Chaque politique publique, chaque dépense et chaque investissement devront désormais être examinés au regard de leur utilité sociale, environnementale et économique.
Nous devons préserver en priorité ce qui garantit la continuité des services essentiels, protège les habitants les plus vulnérables, réduit les risques climatiques et sanitaires, évite des dépenses futures et prépare durablement l’avenir.
Cette méthode permettra de distinguer ce qui est indispensable, ce qui doit être poursuivi autrement, ce qui peut être rephasé ou redimensionné et ce qui ne peut plus être maintenu dans les mêmes conditions.
Il faudra rechercher les dépenses insuffisamment utiles, supprimer les dispositifs redondants, revoir les projets dont le financement n’est pas assuré et mobiliser davantage nos partenaires.
Il faudra également renforcer l’évaluation de nos politiques publiques afin que chaque euro engagé produise le maximum d’utilité pour les habitants.
Le redressement devra être à la fois rigoureux et juste. Ses conséquences ne pourront être appréciées sans tenir compte de la situation des habitants, notamment des plus fragiles.
Examiner tous les leviers sans préjuger des arbitrages
La gravité de la situation impose d’examiner l’ensemble des dépenses, des recettes, des investissements et des possibilités de financement extérieur.
Comme cela a été clairement indiqué lors de la présentation de l’audit, la fiscalité n’est pas une réponse automatique. Elle ne pourra être examinée qu’en ultime recours, après l’identification de toutes les marges de manœuvre disponibles.
Les arbitrages seront rendus dans le cadre de la préparation du budget 2027 et de la reconstruction des plans pluriannuels d’investissement de la Ville et de l’Eurométropole.
Tout ne pourra pas nécessairement être réalisé au même moment, dans les mêmes conditions ou avec les mêmes moyens. Il faudra l’expliquer clairement, en exposant les critères retenus et les conséquences de chaque choix.
Vérité, responsabilité et protection
La démarche engagée repose sur trois engagements que CAP21 partage pleinement.
Le premier est celui de la vérité. Nos budgets devront reposer sur des hypothèses prudentes et suffisamment documentées. Nos projets devront être accompagnés d’une trajectoire de financement crédible.
Le deuxième est celui de la responsabilité. Les choix devront être hiérarchisés, évalués et assumés. Le redressement devra permettre de restaurer l’épargne, de maîtriser la dette et de retrouver progressivement une véritable capacité d’action.
Le troisième est celui de la protection. Les services essentiels, les solidarités et les investissements indispensables à l’adaptation climatique, à la santé et à la qualité de vie devront rester au cœur de nos priorités.
CAP21 prendra toute sa part à ce travail au sein de la nouvelle majorité.
Notre ligne est claire. Nous refusons le déni budgétaire comme le renoncement écologique. Nous défendons une transition financée, évaluée et réellement mise en œuvre. Nous voulons des collectivités capables de protéger les habitants aujourd’hui sans compromettre leur avenir.
Dire la vérité sur les comptes. Choisir avec responsabilité. Protéger l’avenir.
C’est ainsi que Strasbourg et son Eurométropole retrouveront durablement leur capacité d’agir et conforteront la confiance des habitants.



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